Auditions 20092015-Congre PRG-RGS

Publié le 20 septembre 2015 | par RRDP

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Congrès du PRG, 20 septembre 2015 à Montpellier : discours de R.-G. Schwartzenberg

CONGRÈS DU PRG

20 SEPTEMBRE 2015

INTERVENTION DE ROGER-GÉRARD SCHWARTZENBERG

PRÉSIDENT DU GROUPE RADICAL DE L’ASSEMBLÉE NATIONALE

 

Chers Amis,

Je veux d’abord saluer les militantes, les militants, si nombreux dans cette salle, aujourd’hui à Montpellier. Je veux rendre hommage à leur dynamisme, à leur vigueur, qui sont notre force essentielle. Sans vous, sans votre action, notre Parti ne serait pas ce qu’il est. Merci donc à chacune, à chacun de vous pour tout cela.

Je félicite à l’avance Jean-Michel pour sa réélection à la présidence du parti. Chacun connaît son énergie et sa détermination. Nous sommes des amis de longue date. Engagés depuis toujours dans le même combat. Avec le même objectif. Avec la même fidélité aux valeurs radicales. Et la même volonté de voir notre pays les appliquer.

Enfin, je salue tout particulièrement le Premier ministre, Manuel Valls, qui va nous rejoindre dans quelques instants. Je le remercie vivement de l’amitié qu’il a toujours témoignée aux Radicaux, à leur Parti et à leurs groupes parlementaires.

Il se rend régulièrement devant notre groupe parlementaire pour dialoguer directement avec les députés radicaux. Par ailleurs, nous avons ensemble des entretiens périodiques à Matignon. Nous sommes bien sûr sensibles à ces contacts suivis et cordiaux.

 

UN GROUPE INDÉPENDANT

Au début de la nouvelle législature, en juin 2012, nous avons tenu à créer notre propre groupe parlementaire, pour y défendre les idées radicales, le message radical, qui est un message spécifique.

Je l’ai rappelé lors des déclarations de politique générale des deux Premiers ministres :

« Notre groupe sera solidaire sur les grands choix. Mais, pour les divers projets de loi gouvernementaux, nous nous prononcerons texte par texte, cas par cas. Sans vote automatique ni mécanique. »

Tout en étant des partenaires loyaux et fidèles, nous exerçons notre liberté d’action et de vote. Si cela est nécessaire, nous n’hésitons pas à désapprouver certains textes, voire à les rejeter.

Comme certains projets de loi sur la réforme territoriale. Pour préserver le département et la vie locale, qui est souvent délaissée, désertée par le départ des services publics de proximité – écoles, hôpitaux, bureaux de poste –, qui ferment les uns après les autres.

Bref, nous sommes des élus anti-suivistes, des anti-godillots. Pas du tout des spécialistes de l’éloge.

La nouvelle donne parlementaire apporte d’ailleurs une influence accrue à notre groupe. Un Front de gauche « mélanchonisé », des Écologistes éparpillés, des Frondeurs frappés de perplexité. Dans un pareil contexte, les voix radicales peuvent être déterminantes pour l’issue de tel ou tel scrutin.

Bref, le fait d’atteindre ou non la majorité peut dépendre souvent des députés de notre groupe.

 

Les propositions de loi radicales

Par ailleurs, nous déposons, nous défendons nos propres propositions de loi, pour inscrire le message radical dans le droit. Et plusieurs ont été adoptées.

Loi sur la recherche et les cellules souches embryonnaires. Loi sur le droit d’accès de tous les élèves à la restauration scolaire, quelle que soit la situation de leur famille. Loi sur l’obligation de neutralité et l’accueil de la petite enfance. Loi sur la révision des condamnations pénales. Et d’autres encore.

 

PROGRESSISME

Nous agissons pour le changement, pour la réforme. Comme le Parti radical, parti progressiste, l’a toujours fait dès l’origine.

En conciliant réalisme économique et progrès social. Mais sans jamais oublier le second terme.

C’est Clemenceau, radical, président du Conseil en 1906, qui met en œuvre la loi sur le repos hebdomadaire et qui crée le ministère du Travail, pour améliorer la condition ouvrière.

C’est Caillaux, radical, qui instaure l’impôt progressif sur le revenu, pour établir enfin la justice fiscale.

C’est Jean Zay, radical, qui démocratise l’Éducation nationale. Pour que chaque élève ait les mêmes chances sur la ligne de départ de la vie. Qu’il soit fils d’ouvrier ou de notaire. Qu’il habite Ivry ou Passy.

Les fondateurs du radicalisme n’ont jamais incarné une gauche prudente, une gauche allégée, une gauche « light ». Ils ont toujours agi pour plus de justice, pour plus d’équité.

 

LES VALEURS RÉPUBLICAINES

2017 approche. Échéance majeure. Capitale. Car ce qui sera en jeu, cette fois, c’est la République elle-même. Ce sont ses valeurs.

Celles-ci sont menacées évidemment par l’extrême droite, par Marine Le Pen, la cheftaine du national-populisme, digne héritière de son père malgré ses dires.

Mais elles le sont aussi par M. Sarkozy, qui reprend plusieurs thèmes du FN pour rivaliser électoralement avec lui.

Refus des quotas et d’un véritable accueil des réfugiés politiques. Restriction du regroupement familial. Suppression de l’aide médicale d’État (AME). Et même, par ailleurs, remise en cause du droit du sol.

Face à tout cela, le Parti radical, qui les a fondées, se mobilise résolument pour la défense des valeurs républicaines.

 

L’égalité sans distinction d’origine

L’égalité d’abord. L’égalité sans distinction d’origine.

Désormais, la parole raciste, le discours xénophobe sont de retour. En oubliant tous ceux qui, venus d’ailleurs, ont servi la France, son histoire, sa culture.

Il a 32 ans en 1870. Ministre de l’Intérieur, il organise la résistance à l’ennemi. Il est le fils d’un immigré italien. Il s’appelle Gambetta.

Il est l’auteur de « J’accuse ». Il se bat pour la vérité et la justice. Il a été naturalisé à 22 ans. Il s’appelle Émile Zola.

Elle est Prix Nobel de physique et aussi de chimie. Elle vient de Pologne. Elle s’appelle Marie Curie.

Ils sont originaires d’Arménie, de Pologne, de Hongrie. Ce sont Missak Manouchian et les Résistants de l’« Affiche rouge », fusillés en février 1944 au Mont‑Valérien.

Leurs blindés s’appellent Madrid, Teruel, Guernica. Ils composent en grande majorité le détachement du capitaine Dronne, qui est le premier à entrer dans Paris pour le libérer, au soir du 24 août 1944. Ces sont les Républicains espagnols de la 2è DB.

Pour combattre l’intolérance, le Code pénal interdit toute discrimination fondée sur l’origine ou la confession, réprime la provocation à la haine ou à la violence. Mais encore faut-il l’appliquer.

Pour cela, il faut que les procureurs engagent davantage de poursuites, alors que certains semblent peu réactifs, voire passifs, face à ce type d’infractions.

Il revient donc à la Chancellerie d’adresser aux Parquets une nouvelle instruction de politique pénale, plus directive, pour rappeler l’indispensable fermeté contre ces délits.

Par ailleurs, il convient d’instaurer une action de groupe en matière de discrimination. De la sorte, plusieurs victimes  des mêmes  agissements pourront agir ensemble en justice et donc aboutir plus facilement.

Au-delà, comme l’a précisé le Premier ministre, il faut élaborer un projet de loi pour l’égalité et contre les discriminations, pour agir efficacement à tous les niveaux.

 

La laïcité

Autre valeur essentielle à préserver : la laïcité.

Cette neutralité de l’État entre les confessions permet à tous de vivre ensemble, par-delà les diverses appartenances religieuses, qui doivent concerner seulement la sphère privée.

Les Radicaux ont donc toujours soutenu l’école publique et laïque. L’école de la République. Celle qui accueille sur les mêmes bancs tous les élèves, quelles que soient leur origine, leur conviction, leur confession. Qu’ils s’appellent Christian, David ou Karim.

La laïcité réunit et rassemble. Elle fédère. Elle renforce l’unité de la Nation.

Ce qui est souhaitable à l’école primaire l’est aussi à la crèche pour les plus jeunes.

Mais, dans ce secteur, les règles étaient surtout jurisprudentielles, c’est-à-dire fluctuantes et incertaines. Il fallait donc sortir du flou et légiférer.

Notre groupe parlementaire a donc fait adopter une proposition de loi, en mai dernier, pour étendre l’obligation de neutralité à certaines structures privées accueillant la petite enfance.

Là aussi, l’objectif, c’est le « vivre ensemble » pour les enfants de tous horizons, dès le jeune âge.

 

HUMANISME

Aujourd’hui, la France paraît fragile et vulnérable. Blessée par la crise, le chômage, la précarité.

Le Front national tire parti et profit de cette crise. Il joue de l’anxiété collective. Il encourage les instincts primaires : recours aux préjugés, repli sur soi, rejet d’autrui.

Ce parti extrême veut dissocier, diviser, dresser les uns contre les autres.

À sa manière, M. Sarkozy utilise parfois la même méthode. Celle du clivage et de la tension. Celle de la cassure et de la rupture.

Avec aplomb, l’UMP s’est rebaptisée, s’est autoproclamée « Les Républicains ». Si elle voulait avoir les mêmes deux initiales, LR, elle aurait mieux fait de s’appeler « Les Réactionnaires ». Cela aurait été plus exact.

En effet, désormais, ce parti se présente lui-même comme une « droite décomplexée » et plagie plusieurs thèmes du FN, pour le concurrencer électoralement.

À ce jeu, le faux « Parti Républicain » va devenir une vraie copie conforme du Front national. Son double, son décalque.

En face, il y aura comme toujours les Radicaux. Avec notre mission constante. Défendre l’éthique civique, le bien public, l’intérêt général.

 

Une société plus juste et plus humaine

Notre Parti est le parti de l’humanisme. Fondé sur le respect de chacun par chacun. Fondé sur la conviction de l’égale dignité de tous. Sans différence. Sans distinction.

Les Radicaux veulent une société de concorde, qui pratique le dialogue, l’échange, la tolérance.

Ils veulent une société de progrès, qui agisse pour le plus grand nombre, qui fasse le plus pour ceux qui ont le moins.

Ils veulent une société plus juste et plus humaine, qui ne laisse personne au bord du chemin, à l’écart du destin commun.

Une société qui soit main tendue et espoir partagé.

Cela porte un nom simple, très simple. Mais très nécessaire. Cela s’appelle la fraternité.

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